Aventure du BIOMAGNETISME

Aventure du BIOMAGNETISME

Alva..Thomas Edison histoire de sa vie ! page 1

Le Sorcier de Menlo Park 
( Par Jean-Charles Boulay.. voir cinémémoire)

                              Dans cette nuit du 11 décembre 1847, l'ouragan souffle sur la petite ville de Milan dans l'état de l'Ohio.
C'est dans l'orage que naquit le fils de Sam Edison, tailleur de son état, Alva Thomas Edison, c'est cet enfant naît dans la tourmente qui devait révolutionner le monde par ses inventions.
Mais revenons à ce 11 décembre à 3 heures du matin, le vieux docteur vint dire au père que l'enfant été né, qu'il criait à réveiller tout le village, que tout allait bien sauf qu'il avait une grosse tête. Le père soulagé s'endormit comme une souche auprès du feu.
 
Nota : pour la petite histoire le jeune Edison s'appelait Alva, Thomas étant le prénom de son grand père qu'il prit plus tard, je l'appellerai donc tantôt Alva tantôt Thomas.
                     
Les premiers mots que prononça le jeune Thomas furent : why ? (Pourquoi), why this ? (Pourquoi ceci), why that ? (pourquoi cela) si tous le enfants font de même, Thomas lui ne faisait que cela !
                      
Dés qu'il sut marcher il n'arrêta plus d'interroger tout le monde sur tout, au grand désespoir des habitants du voisinage qui ne pouvaient se défaire du gamin et de ses questions auxquelles ils n'avaient souvent pas les réponses.
                        A cinq ans, ses petites jambes le conduisirent un peu plus loin que son quartier, dans un chantier naval proche ou à toutes heures les ouvriers trouvaient le gamin dans leurs jambes après avoir en vain essayer de se débarrasser du bambin, le chef de chantier le prenant en affection décida de lui expliquer la fabrication des bateaux, Thomas ravi mit ses petits bras autour du cou du charpentier et l'embrassa sur les deux joues.
                         Mais l'observation ne lui suffisait plus il fallait maintenant passer à l'expérimentation, ayant vu une maman canard couver ses oeufs il n'eut cesse de savoir pourquoi et lorsqu'on lui expliqua que c'était pour les tenir au chaud, il en conclu, fort logiquement d'ailleurs, qu'étant plus gros que la maman canard il amènerait plus de chaleur en les couvant lui même, ce fût sa première désillusion, il ne naquit jamais de petit canard !
                         Décidément les oiseaux inspiraient notre héros, son attention se porta sur leur vol et ayant observé qu'ils se nourrissaient de grains et de vers de terre il en déduit du haut de ses cinq ans que si les humains se nourrissaient de même ils pourraient voler.
Il fabriqua donc une mixture qu'il arriva à faire avaler à un camarade qui en fût fort malade. Thomas commençait à se douter que tout n'était aussi simple qu'il ne le pensait !
 
                     
Mais sa curiosité n'avait pas de bornes, le feu, quel mystère et quelle attirance pour un enfant !  Il mit donc le feu au hangar de son père pour voir ce qu'il arriverait.
Ce qu'il arriva, c'est que par chance, le vent ne soufflant pas ce jour là, seul le la remise brûla mais pas tout la quartier entièrement construit en bois et l'enfant fût fouetté en public par son père.
L'incendie du hangar marqua la fin de la petite enfance du jeune Alva, les conditions économiques devenant désastreuses dans la petite ville de Milan, les Edison durent déménager et une autre période, non moins agitée allait commencer pour l'enfant, l'école.
C'est dans l'état du Michigan à Port Huron, une petite ville de bûcherons que la famille Edison vint habiter, notre jeune héros avait alors sept ans.
L'école fût un calvaire pour lui comme pour ses maîtres !
Il ne retenait que ce qu'il comprenait et ne comprenait que ce qui lui semblait clair, malheureusement rien de ce qu'on lui enseignait ne lui semblais clair...
Un cancre, excédé le maître lui déclara qu'il était un sot toujours plein de questions et vide de réponses, il le chassa de l'école en lui prédisant un avenir des plus sombres. Thomas rouge de honte vint voir sa mère et lui compta l'histoire, sa mère, ancienne institutrice lui proposa de le faire travailler à la maison, l'enfant enchanté lui promis d'apprendre.
En même temps, il avait sept ans, Alva commença à faire du commerce de légumes et ouvrit une petite épicerie ! En même temps dans le sous sol de son épicerie, il installa son premier laboratoire, beaucoup de flacons et de fioles toutes étiquetées Poison pour que personne n'y touche.
Poursuivant son instruction sous l'oeil bienveillant de sa mère, à onze ans il avait lu tout Victor Hugo, le Déclin de l'empire Romain, et bien d'autres ouvrages souvent inaccessibles au simple mortel.
                           Sa mémoire était prodigieuse mais que pour ce qui l'intéressait. Curieusement pour cet esprit hors du commun les mathématiques lui furent toujours totalement étranger ce qui pendant longtemps lui valu les railleries des petits savants de l'académie.
Le chemin de fer, une invention un peu diabolique, commençait à sillonner l'Amérique, Thomas à alors douze ans, il confie son épicerie en gérance à l'un de ses camarades et obtient la concession de la vente des bonbons dans ces monstres mécaniques qui roulaient jusqu'à vingt cinq à l'heure ! Tous ses bénéfices servent à améliorer son laboratoire.
Un jour, le jeune vendeur de bonbons découvre, au fond d'un magasin de Détroit, une étrange machine qu'il examina avec soin, c'était une presse à imprimer.
Son esprit fertile vit tout de suite ce qu'il pouvait en faire, il l'achète, la transporte dans le fourgon à bagages du train ou il vend ses bonbons.
A cette époque, la lenteur des trains rendait les voyages longs et ennuyeux, notre jeune Alva décide donc à l'aide de sa presse d'éditer un journal qu'il vendait aux voyageurs, ce journal mi humoristique mi informations fût le premier journal imprimé dans un train , Alva n'avait pas quinze ans !
Il n'existe qu'un exemplaire de ce journal qu' Edison garda jusqu'à sa mort malgré les fortunes qu'on lui en proposa lorsqu'il fût devenu célèbre, mais nous n'en sommes pas encore là.
Malheureusement, Alva ne se contenta pas d'installer sa presse dans le fourgon, l'incorrigible gamin y installa aussi eu un laboratoire de chimie, qui jusqu'à ce qu'il mit le feu au train n'attira l'attention de personne.
Heureusement le chef de train ne perdit pas la tête il éteignit le feu avec les seaux de sables prévus à cet effet et quand ce fût fait, jeta hors du train notre héros, sa presse et ses flacons en n'oubliant pas d'envoyer une gifle retentissante au garçon, gifle qui eut une conséquence fatale puisqu'elle laissa Alva partiellement sourd.
L'incident dégoûta Edison des trains du journalisme et des bonbons mais non de la chimie. Ayant perdu son emploi, désabusé il vendit donc des journaux pour vivre, mais ceux que les autres imprimaient...

Avant de continuer cette histoire et pour en comprendre la suite, il faut nous arrêter sur une invention qui révolutionna le monde : le télégraphe électrique, invention qui abolit les distances en permettant d'envoyer presque  instantanément des messages d'un bout à l'autre des pays.

 C'est l'Américain Samuel Morse, artiste peintre de son état qui en eu l'idée et qui en 1837 conçu son télégraphe et imagina son alphabet composé de points et de traits, alphabet encore employé aujourd'hui dans le monde.  
                              Tout naturellement, les lignes du télégraphe suivirent le tracé des lignes des chemins de fer et dans chaque gare le chef de gare était aussi télégraphiste, c'est à dire capable de lire et d'envoyer des dépêches dans le langage morse
Après cet arrêt sur le télégraphe électrique, revenons à notre héros que nous avions laissé désabusé, vendant des journaux.
Le coeur n'y était plus, il abandonne la vente des journaux. En passant dans une  gare, il aperçois le petit garçon du chef de gare jouant innocemment sur la voie, il faut dire qu'à cette époque les trains étaient rares ! Alva voit alors un wagon qui dévale sur la voie, il se précipite sur l'enfant , roule avec lui sur le bas côté, le chef de gare les relève ensanglantés mais sains et sauf. Le pauvre homme est en pleurs « vous avez sauvé mon fils, mais comment puis je vous récompenser ? je suis pauvre »après avoir réfléchi, il questionne le jeune homme et lui propose : voulez vous que je vous apprenne le métier de télégraphiste ? Naturellement le jeune Alva accepte avec enthousiasme et l'élève se révéla un virtuose de la télégraphie qui dépassa rapidement son maître.
Cet évènement devait décider de l'avenir d'Edison
Edison revint alors à Port Huron ou il avait toujours son épicerie et son premier travail fût de construire une ligne de télégraphe entre son épicerie et la gare, il construisit lui même tous les appareils mais lorsqu'il voulu commercialiser sa ligne en proposant d'envoyer les messages pour les gens de la ville, ce fût un échec, ce garçon de seize ans n'inspirait pas la confiance, il est vrai que quelques uns de ses exploits avaient fait un certain bruit, pas toujours favorable à Alva, à Port Huron, on se souvenait du train incendié !

L'Amérique était alors en pleine guerre civile et l'employé du télégraphe de Port Hudson partit pour la guerre en offrant à Edison le poste d'opérateur de nuit, ce qu'il accepta immédiatement.
Le salaire était maigre mais le travail à fournir l'était encore moins, Alva n'avait à signaler que le passage de quelques trains et de rares messages de presse, et bien souvent ayant travaillé dans son laboratoire tout le jour il s'endormait ou alors il se mettait à démonter et modifier les appareils du télégraphe oubliant tout à fait les messages qu'il devait transmettre.
Tout cela lui valut de sérieuses reproche, on menaça même de le licencier, on lui montra la honte de dormir en service commandé, cela lui donna alors une nouvelle idée...
                               
Nous retrouvons donc Alva devant son télégraphe en train de ruminer cette nouvelle idée qui devait lui procurer des nuits paisibles et sans reproche.
L'astucieux jeune homme car ce n'était plus un gamin acheta un réveil qui devait le réveiller quelques minutes avant l'entrée des trains en gare, alors Alva pouvait envoyer le message convenu à la gare suivante pour annoncer le train et... se rendormir !
Malheureusement, un jour le train eu du retard ce qui n'empêcha pas le jeune Edison de le signaler alors qu'il était encore fort loin de la gare, cela faillit causer un accident sur la ligne et créa de nombreux désagréments à Alva à qui le directeur dit ce qu'il pensait d'un garçon qui par son insouciance mettait en péril des centaines de vies humaine.
Mais le directeur eu alors une idée lumineuse, il allait enfin mettre à la raison le jeune homme, du moins le croyait-il ! Il lui imposa d'envoyer toute les demi heures le signal « A » un point, un trait, comme cela le jeune employé ne pourrait pas dormir durant ses nuits de travail, Alva s'en revint la tête basse, non pas de honte, mais pleine d'idées pour trouver un nouveau stratagème lui permettant de continuer ses nuits paisiblement.
De retour à sa station de télégraphe, il reprit son réveil ses pinces du fil électrique et il fabriqua un appareil qui....transmettait automatiquement la lettre « A » toutes les demis heures, après quoi il pût reprendre ses nuits tranquille.
Cette régularité appréciée de ses chef lui valu leur estime Alva était enfin rentré dans le chemin de la raison et du devoir, tout cela méritait bien des félicitations et le directeur décida d'aller complimenter le jeune télégraphiste sur son lieu de travail en pleine nuit et que découvrit-il ? Son jeune employé, enroulé dans une couverture et dormant à poings fermés ! Il contint cependant son envie de réveiller en fanfare le dormeur pour voir comment ce dernier pouvait bien assurer son service avec une telle régularité...tout en dormant, il découvrit alors le génial bricolage d'Alva puis jeta dehors le jeune homme avec sa couverture, son réveil et lui dit qu'il pouvait aller en enfer trouver un autre emploi. Edison, son réveil à la main et sa couverture sur les épaule s'enfonça dans la nuit...
Notre aventurier était maintenant grillé sur cette ligne de chemin de fer, il comprit que pendant un certain temps il ne serait sans doute pas le bien venu dans cette région et il décida de passer la frontières pour aller au Canada ou sa triste réputation ne l'avait pas encore précédée, ce qui n'était que provisoire comme nous le verrons !
Voici donc Alva dans la petite ville de Sarnia dans la province Ontario. Il se présente, montre ses talents, uniquement ceux de télégraphistes ! Et obtient sans problème la place d'opérateur télégraphiste de jour. Situation fort embarrassante pour notre héros car la nuit il continue ses expériences et ses expérimentations mais le jour il ne pouvait pas dormir cela se serai vu.. Il a cependant peu de travail, les messages sont rares aussi Edison démonte modifie , améliore ses appareils, et les messages s'empilent sur la table, lorsqu'il y en a trop...il les met à la corbeille, jusqu'au jour ou un message indiquant un train sur la même voie qu'un autre fût également jeté à la corbeille, la catastrophe était évitée de justesse mais l'affaire était grave et la compagnie décida de faire jeter le jeune homme en prison.
Alva, pendant que l'on discutait sur son sort, mis à profit un moment d'inattention de ses gardiens pour sauter dans un train de marchandise qui lui fît repasser la frontière dans l'autre sens
Mais que faire maintenant ? Edison part se réfugier chez ses parents, le père se content de marmonner dans sa barbes des choses inintelligibles qui n'étaient sûrement pas des compliments, sa mère elle, le regarde d'un air éploré. Lorsque le jeune homme fût endormi, sa mère, tout en reprisant ses vêtements s'interrogeait, mais qu'allait donc devenir son fils, incendiaire à 7 ans du hangar de son père, chassé de son premier emploi et maintenant, à 17 ans recherché par la police du Canada. Qu'avaient – ils donc fait à dieux pour vivre cela, qu'était donc ces démons appelés électricité, physique, chimie, télégraphe qui habitaient son fils ?
Alva n'était maintenant pas pressé de quitter le douillet nid que sa mère lui avait construit et avec une audace sans pareille, il proposa ses services à la compagnie de chemin de fer de Port Huron dont il avait été chassé avec pertes et fracas quelques mois plus tôt et ... la guerre civile ayant absorbé tous les opérateurs télégraphistes, se vit obligée de réintégré se peu reluisant employé, qui fût d'ailleurs rapidement renvoyé suite à de nouvelles catastrophes....
L'avenir du jeune Alva semble bien compromis dans sa région, il part donc par les chemins à pied, avec sa sacoche et ses outils, ses souliers sont un peu éculés, ses vêtements pas très frais, mais le jeune homme trouve facilement du travail, la plupart des télégraphistes étant réquisitionnés par la guerre civile qui déchire le pays, il part, soit renvoyé pour ces excentricités soit parce qu'il a envie de changer d'air, il trouve que la vie est belle !
Un de ses plus mémorables exploits de cette période de sa vie fût sans doute le soir, ou télégraphiste dans une petite gare il reçoit un message à transmettre d'urgence, le Président Lincoln vient d'être assassiné, il transcrit machinalement le message mais au lieu de le transmettre à la station suivante il l'envoya...à la corbeille. Il faut dire qu' Alva avait d'autres soucis plus importants que la mort du Président des Etats Unis, son bureau était envahi par les rats et le jeune homme était en train d'imaginer et de réaliser la machine à foudroyer les rats par l'électricité, se souvint-il de cette invention lorsqu'il travailla sur la mise au point de la chaise électrique ?
Alva découvre le monde et la vie, il se passionne pour les travaux du physicien Faraday et pour le théâtre de boulevard, ce qui lui permettait, le soir en arrivant à son travail de mimer les acteurs, amusant ainsi toute l'équipe de nuit, jusqu'à l'arrivée d'un chef....
Cependant pendant toute cette période que l'on pourrait dire agitée de son existence, le jeune homme parfait son art inné de la télégraphie et il devient alors un virtuose incontesté de ce mode de transmission.

Un jour, devant le directeur du poste de Menphis il eu l'occasion de prouver sa supériorité. Le directeur lui proposa de se mesurer au champion de la télégraphie, jusqu'ici incontesté, des Etats Unis, le télégraphiste de Saint Louis. Les messages s'échangent, de plus en plus rapides, le champion commence alors à fatiguer, Edison lui envoie le message « Vous dormez donc à Saint Louis, remuez vous donc un peu » ce jour là, Alva jusqu'alors le télégraphiste le plus fantaisiste d'Amérique en devient également le meilleur et comme le fît remarquer un de ses collègues il restera toujours aussi le plus mal habillé, il faut dire que ces détails passaient bien au dessus du jeune homme !

Malgré cela il perdit rapidement son emploi à Menphis pour...indiscipline, tapage nocturne et négligence
Que le lecteur se rassure, les exploits télégraphistes d'Alva, qui commençaient à devenir monotones,  se terminent bientôt dans...le fracas d'une explosion !

 Edison obtient un emploi à Boston dans la prestigieuse société « Western Union » fini les rats dans le bureau....ici se sont les cafards qui font le frais d'un appareil les électrocutant, ce qui fit le bonheur des journaux de Boston qui firent de beau articles sur notre héros et sa nouvelle invention. Et, c'est en faisant exploser le poële de son bureau sur lequel il préparait des explosifs, que se termina la carrière de télégraphiste du jeune Ava.

Comme sa naissance qui avait eu lieu dans le fracas de l'orage cette première partie de sa vie se terminait dans le fracas de l'explosion du poële et des vitres de son bureau...

Alva décide alors de partir pour New -York, sans argent sans travail il devient rapidement ce que l'on appelle aujourd'hui un S D F, vivant d'expédiants de petites rapines et couchant ou il le pouvait.
Hors cette nuit il fait froid, Edison se réfugie dans la chaufferie d'un grand bâtiment à l'allure austère et le matin ébouriffé, ses vêtements sales et froissés il arrive dans une grande salle ou s'agitent des messieurs en costumes et hauts de formes, un vent de panique semble souffler, le jeune homme curieux s'approche, il se trouve dans la salle de cotation de l'or de la bourse de New-York et la machine à établir les courts est en panne , l'électricien de service n'arrive pas à le dépanner.
Alva s'approche alors et demande timidement « puis je essayer de vous aider ? » tous regardent ce presque clochard avec stupéfaction, mais...pourquoi pas... le jeune homme sors de sa musette une pince, un tourne -vis, il règle un ressort, arrange un contact et la machine repart, Alva range ses outils et se dirige vers la porte lorsque le directeur de la Bourse le retient par la manche et lui demande :  
 - jeune homme pourriez vous améliorer notre «  ticker » ?
tel était le nom de cet appareil,
oui je le pense répondit Alva, il fût alors nommé chef électricien au salaire de 300 dollars par mois, il demanda immédiatement une avance et s'occupa de remplir son estomac de vingt ans, vide depuis bien des jours.
Quelques jours plus tard, Edison se présente devant le directeur avec le nouvel appareil, bien décidé à le vendre un bon prix, pas moins de cinq mille dollars se dit-il. Et bien jeune homme, combien voulez vous de cet appareil ? je ne sais pas répondit Alva.
je vous en offre
quarante mille dollars....
Sitôt son argent en poche, Alva se met en quête d'un petit atelier, des ouvriers et enfin un vrai laboratoire.
Le jeune homme avait simplement oublié que son contrat stipulait qu'il devait assurer la fabrication de l'appareil qu'il avait perfectionné ! La compagnie s'impatientait, heureusement dans ses employés figurait
John Ott qui allait devenir le directeur de toutes les entreprises crées par Edison, ce dernier d'esprit plus pratique qu' Alva se mit au travail et fabriqua plus de 1800 appareils;
Edison avait trouvé celui qui saurait le seconder et le ramener aux réalités de la vie quotidienne toujours étrangères au jeune homme.
Déplorable employé télégraphiste, Alva, appelons le maintenant Thomas, puisque c'est avec ce prénom qu'il restera pour la postérité, était un aussi piètre gestionnaire, lettres, commandes, factures s'accumulaient sur sur bureau sans qu'il daignent même les ouvrir, tout occupé à mener jusqu'à quarante inventions de front. Heureusement le fidèle Ott est toujours présent et sauve souvent Edison de la catastrophe.
Si les inventions débordent du cerveau du jeune homme, les créanciers se font insistant, cependant quelques grands industriels commencent à comprendre le génie de Thomas et les commandes arrivent, gérées de main de maître par John Ott qui mène la maison contre vents et marées !
C'est à cette époque que la mère d' Edison meurt, apaisée de savoir que son fils qui lui avait fait passé tant de nuits blanches était enfin sur la bonne voie.
Parfois Thomas sortait du laboratoire ou il passait ses jours et ses nuits, ne dormant jamais plus de quatre heures de suite, ordre ayant été donné de le réveiller au bout des quatre heures...pour le plus souvent débaucher une équipe pour lui donner une nouvelle invention à fabriquer, au grand désespoir du pauvre Ott qui s'arrachait les cheveux se demandant comment dans une telle pagaille il pourrait mener les commandes à bon terme.

Mais...les sorties de Thomas dans l'atelier avaient aussi une autre raison, la jolie, douce et sage Mary une de ses ouvrières....tout cela sous l'oeil attendri de toute la tribu car chez Edison ouvriers, contremaîtres, ingénieurs, ne faisaient qu'une tribu dévouée à son chef ! A suivre...
Nous avons donc laissé Thomas en train de découvrir ce qu'il existe de plus beau, l'Amour.
Entre deux inventions, le jeune homme se dit qu'il serait bon de partager sa vie avec la douce Mary, et s'enhardissant il se déclare à la jeune fille.
Comme ils habitaient et mangeaient à la même pension et qu'ils étaient tous deux télégraphistes, c'est en morse en tapant sur la table avec leurs fourchettes qu'ils échangeaient leurs messages d'amour !

Le mariage se fait dans la simplicité avec pour tous invités...la tribu du laboratoire, Edison à alors 29 ans.
Grâce au fidèle John Ott, la « boutique » fonctionne bien les inventions sont transformées en machines commerciales et l'argent rentre. Edison se met à la recherche d'un terrain pour construire un grand laboratoire, il trouve ce terrain à Menlo Park et y construit un bâtiment de trente mètre de long dans lequel il pourra inventer et expérimenter jour et nuit.
La devise sur le fronton du laboratoire est :
Ce que l'on veut on le peut, c'est de ce bâtiment que sortiront les plus belles invention d'Edison, de celui que les journaux et le monde entier appelleront bientôt : 

                                         
    Le Sorcier de Menlo Park    

Dans ce monde un peu étrange, un peu magique, il n'existe pas de véritable hiérarchie, Thomas c'est « le vieux » the old man et ses collaborateurs « ses garçons »my boys. Si Thomas se montrait le plus exigeant des maîtres il était également le plus à l'écoute de tous, chacun pouvait donner son avis, émettre une idée.
Un jeune ingénieur qui devint plus tard son associé raconte ainsi sa première entrevue avec Edison :
-Monsieur, je voudrais travailler avec vous, même sans salaire.

Thomas lui répond :

-Venez donc demain, d'habitude la première chose que l'on me demande c'est combien vais je gagner ? Vous savez ici l'on travaille beaucoup pour peu gagner !
Ce qui d'ailleurs était faux car Edison payait largement son personnel.
Le lendemain William Hammer, car c'est son nom, se présente et demande :
-Que dois faire ?
Thomas répond:
-Regardez donc autour de vous vous trouverez sans doute quelque chose qui vous intéresse !
Comme nous l'avons dit au commencement de ce récit, Edison n'était pas un mathématicien ni même un physicien, il était un intuitif, un esprit créateur, un expérimentateur infatigable sachant s'entourer des personnes capables de combler ses manques.
Parlant de l'électricité, il avait l'habitude de dire : -
prenez un basset dont la tête serait à Londres et la queue à Edimbourg, si vous lui pincez la queue à Edinbourg, il aboie à Londres, c'est tout ce que sais de l'électricité, à part cela je ne sais pas ce qu'il se passe dans un fil électrique !
Ses travaux portèrent tout d'abord sur le télégraphe, son but, transmettre simultanément plusieurs messages sur un même fil, ce fût le duplex en 1872 et le quadruplex en 1974, ces inventions qui lui furent achetées par la Western Union, dont souvenons nous il avait été chassé quelques années auparavant, étaient un progrès formidable dans la vitesse d'acheminement des messages.
Nous allons maintenant entrer dans une période ou Edison, sans en être toujours l'inventeur, fût celui qui par des expérimentations incessantes, il pouvait refaire de façon différente plusieurs milliers de fois une expérimentation jusqu'à l'obtention d'un résultat, amena des inventions de l'état embryonnaire jusqu'à une invention finie et utilisable.
Nous nous attarderons sur certaines de ses inventions, les plus spectaculaires bien entendu, car Thomas a déposé plus de 1000 brevets !

Le Téléphone En 1856, un français, Charles Bourseul, employé des télégraphes avait presque trouvé le principe du téléphone comme le montre son brevet déposé cette même année, malheureusement nous sommes dans un pays ou l'initiative individuelle est vite suspecte et ses supérieurs lui intiment l'ordre de retourner à ses télégraphes. Sans argent, sans soutien, Bourseul qui était au bord de la réussite renonce.
En 1876, par une extraordinaire coïncidence, le même jour, à deux heures d'intervalle, le professeur Gray et le docteur Graham Bell qui ne se connaissaient pas déposent un brevet sur le téléphone, Bell qui l'a déposé le premier restera pour l'histoire l'inventeur du téléphone et Gray sombrera dans l'oubli !
Deux heures ! Nous ne pouvons que transcrire cette citation :
« Il n'est point nécessaire qu'une pensée soit formulée pour qu'elle commence à rayonner »
Nous avons donc laissé Graham Bell et son téléphone, cet appareil conçu au départ pour aider les jeunes malentendants dont le docteur Bell s'occupait n'était, en l'état, utilisable que pour des communications à très courtes distance et encore comme le disait un contemporain « on entendait tous les bruits imaginables sauf la voix de celui qui parlait ! »
En 1876, sir William Thomson pouvait s'écrier en sortant d'une réunion de savants ou avait été présenté le téléphone : « je viens de voir la merveille des merveilles »
Edison s'inspira vraisemblablement des travaux de différents physiciens pour fabriquer son téléphone, il faut en autre citer l'américain Hughes qui inventa le microphone à charbon si sensible que : si une mouche se promène sur le microphone on entend dans le téléphone comme le galop d'un cheval et que même, suivant Hughes, son cri de mort devient perceptible ! Il faut noter que le microphone à charbon, sous différentes versions, équipa nos appareils téléphoniques jusque dans les années 1980 !
C'est encore à la Western Union que Thomas vendit son téléphone, puis il s'assura des droits de son invention en Angleterre, Edison était maintenant riche.
En France le téléphone fût perfectionné par Ader qui en fît un appareil facilement utilisable par tous.

Le phonographe

Qui est l'inventeur du phonographe ? Le français , savant et poète, Charles Cros ou l'américain Thomas Edison .
Aujourd'hui il semble bien que ce fût en 1877 que le français conçut son paléophone qui permettait de graver les sons dans le métal. Un prototype fût, selon les témoignages, construit. Mais nous sommes en France, souvenons nous du téléphone et du pauvre Bourseul. Quel crédit pourrait on accorder à l'invention un peu farfelu d'un poète fut-il savant ! Sans soutien, sans crédit,Cros abandonne son projet...
Il faut également noter que dés 1857, soit plus de 20 ans avant le phonographe d'Edison, un français Léon Scott invente le phonautographe, appareil permettant de tracer les vibrations de la voix sur un rouleau de papier enduit de noir de fumée, son appareil était le précurseur de l'appareil d'Edison et il est certain que s'il n'avait pas été sans fortune et sans appui il eut inventé le phonographe, de plus il n'était qu' un ouvrier typographe ...
Décidément la France n'était pas les États Unis et elle ne faisait pas encore confiance aux esprits ne sortant pas des Académies ! Il est intéressant de constater que dans ce pays neuf qu'était l'Amérique, les industriels étaient à l'affût de toutes les nouvelles idées et n'hésitaient pas à les soutenir financièrement, ce qui n'était pas le cas dans notre vieille Europe...
Revenons donc à Edison et à son phonographe, son appareil permettait de graver sur un cylindre recouvert d'un feuille d'étain les vibrations issues de la voix humaine par l'intermédiaire d'une membrane munie d'une aiguille, le tout vibrant sous l'effet du son. Le cylindre se déplaçant en tournant, un sillon hélicoïdale était gravé plus ou moins profondément suivant les sons. Il suffisait alors de faire repasser l'aiguille et sa membrane sur le sillon gravé pour que le son soit reproduit.

En France, le phonographe présenté à l'Académie fût accueilli avec enthousiasme, sauf par un des membres qui persistait à penser devant toute évidence qu'il s'agissait d'une supercherie. Sûrement faisaient il partie de ceux qui avaient repoussés avec dédain l'invention de Charles Cros !
Si Edison n'eut pas connaissance de l'invention de Charles Cros, qui restera l'inventeur du phonographe, il est probable qu'il ai été informé des travaux de Léon Scott dont l'appareil était proche de celui d'Edison bien qu'il ne pût qu'inscrire les sons, et non les graver ni les reproduire.
Pour clore le chapitre du phonographe arrêtons nous sur ces quelques vers écris par Charles Cros :
Comme les traits devant les camées
J'ai voulu que les voix aimées
Soient un bien que l'on garde à jamais
Et puissent répéter le rêve
Musical de l'heure très brève.
Le temps veut fini, je le soumets...
Mais que devenaient-on dans le laboratoire de Menlo-Park, était ce devenu une usine à créer sans âme Et bien non, parfois « le Vieux » décidait que c'était la fête, alors tout le monde partait pour un pique- nique, ou bien alors Edison se mettait à l'orgue installé à demeure dans le laboratoire et de divers coins surgissaient guitares, saxos et autres instruments et c'était la fête !
Ici je me permets une réflexion personnelle, la différence entre un chercheur, fût-il brillant, et un génie, c'est l'étincelle qu'apporte à ce dernier les arts, la poésie.... je reste persuadé que tout est là et Léonard de Vinci est là pour nous le prouver             

LA Lampe ELECTRIQUE D'EDISON
Journal « la nature » 7 Février 1880

 

« Nous publions aujourd'hui tout ce que nous avons pu recueillir au sujet de la nouvelle lampe Edison, mais nous commencerons par faire de strictes réserves sur la valeur et l'avenir de cette découverte »

 

Ainsi s'exprimait le très sérieux journal la Nature à l'annonce de ce qui sera une des plus belles inventions de cette fin de 19 ème siècle

Mais avant d'en arriver là, une page d'histoire s'impose

De tous temps, l'homme pour chasser l'angoisse des ténèbres, a essayé de domestiquer la lumière.
Ce fut d'abord le feu qui la lui amena, le feu objet de culte et de vénération comme le soleil . Puis vinrent les lampes à huile, les chandelles, les lampes à pétrole... jusqu à ce que le français Philippe Lebon invente un nouveau mode d'éclairage : l'éclairage au gaz.

Arrêtons nous un moment sur cette invention qui ouvrit une nouvelle époque de l'éclairage et grâce à laquelle nos villes purent enfin jouir d'un éclairage public.

Philippe Lebon, ingénieur des Ponts et Chaussées dépose un brevet d'invention en 1799, mais l'histoire se renouvelant... ses chefs l'empêchent de réaliser son invention et le 2 décembre 1804 Lebon est assassiné mystérieusement en sortant de l'église Notre Dame .. C'est sa femme qui à force de courage et d'obstination fait adopter ce nouveau mode d'éclairage . Elle reçoit en un prix de 1 200 francs pour "services rendus à l'industrie française".

En 1800, Volta invente la pile . L'ELECTRICITE, connue depuis l'Antiquité était enfin domestiquée.

Deux défis sont s'ouvrent alors aux chercheurs, employer l'électricité comme force motrice et comme source de lumière. On verra que ces défis furent difficiles à relever puisqu'il faudra 70 ans pour que le premier le fût et 80 ans pour le second

Nous avons laissé Volta et sa pile, premier générateur d' électricité, la pile transforme l'énergie chimique en énergie électrique.(action d'un acide sur un métal)
Il faudra attendre 1840 pour qu'un premier type d'appareil d'éclairage voit le jour, il s'agit de la lampe à arc dont le principe est très simple, un courant électrique traverse deux baguettes de charbons très proches l'une de l'autre, une étincelle se produit et c'est la combustion de ces baguettes qui provoque une lumière vive.

Ce mode d'éclairage qui fût employé pendant de nombreuses années, jusqu'à la lampe d'Edison, consommait beaucoup d'électricité et il fallait changer très souvent les charbons qui brûlaient très vite. Une autre idée faisait son chemin, faire passer un courant électrique dans un filament, enfermé dans un globe de verre, qui en s'échauffant devient incandescent et illumine l'ampoule qui ressemble alors à un petit soleil.
De 1840 à 1878, beaucoup d'essais qui tous se terminent par des échecs, si bien que l'on considère qu'il était impossible d'y arriver...jusqu'à ce que Thomas Edison s'attaque au problème !
Ce n'est pas par hasard que Thomas se met à l'ouvrage, l'éclairage électrique a toujours été le plus cher de ses projets.
Il reprends un par un les milliers d'essais fait depuis de nombreuses années, les analyse tant positivement que négativement, puis en tire ses conclusions. Le grand problème était que le filament enfermé dans son globe vide d'air ( pour que ce dernier ne brûle pas) se rompait au bout d'un temps très bref.
Thomas essaya des filaments de toute natures, les métaux les plus rares, sans résultat...toujours le filament se brisait au bout de quelques heures.

En 1879, Edison est désespéré, il ne dort plus ou presque depuis des mois, il décide de se retirer de la lutte, la fée électricité à eu raison du génial inventeur.
Jusqu'à ce 8 octobre 1879 où .... à suivre
Ce 18 octobre, Edison est assis dans son laboratoire, il est seul, ces « Boys »sont partis et l'obscurité de cette fin de journée n'en finit pas d'envahir la pièce. La menton dans la main il regarde avec tristesse le soleil d'automne se coucher, ce soleil qu'il n'arrive pas à enfermer dans une petite ampoule.
Il est triste, il est las, depuis combien de nuits n'a t il pas dormi, il ne sais plus, tout va mal dans le laboratoire, depuis des mois tout le monde travaille sur ce projet, négligeant les autres travaux, l'argent manque, la douce Marie, sa femme adorée, est elle aussi désespérée, pour la première fois c'est l'échec.
Enfermer le soleil ! Quelle griserie et aussi quelle folle pensée...et pourtant ce soir là...
Sur la table, un informe mélange de carbone et de vernis, une pâte noirâtre qu' Edison malaxe machinalement entre ses doigts, il l'allongeait, l'étirait en un fil fin quand...la lumière jaillit, mais oui, la solution était là, mais oui, un filament de carbone voilà la solution !
Aussitôt c'est l'effervescence à Menlo-Park, Edison carbonise tout ce qui lui tombe sous la main. Un jour il envoie un de ses ouvriers acheter une bobine de coton à la mercerie, il en carbonise un morceau à l'abri de l'air et obtient un fin filament de coton carbonisé qu'avec une patience infinie un de ses collaborateurs réussi a fixer à l'intérieur du globe de verre, on fait le vide et on branche la lampe sur le courant électrique.
Dans le globe de verre une lumière brille, un peu vacillante, un peu jaunâtre, mais elle brille... Pendant 40 heures, Thomas épuisé, assis sur une chaise, regarde « son soleil » 40 heures sans manger, sans dormir, personne n'ose déranger « le Vieux » Puis soudain la lumière s'éteint, le filament s'est brisé.
Ce 21 octobre 1879, Edison se lève de sa chaise et déclare « Elle a duré 40 heures, je pourrai bientôt la faire durer 400 ans ! »
Puis il rentre chez lui et sans même se dévêtir tombe sur le lit et dors pendant 24 heures.
Nous avons donc laissé Thomas endormi sur son lit, veillé sans doute avec amour par sa douce Mary ... Si la lampe était inventée, Edison était lucide, quelle valeur commerciale pouvait avoir cette lampe dont la fabrication demandait des jours de travail et que ne durait que quelques dizaines d'heure ? Aucune, lui et ses collaborateurs en étaient tout à fait conscient.
La première chose trouver, c'était un filament autre que le coton carbonisé de sa première ampoule, il fallait également rendre industrielle la fabrication des ampoules, et surtout, l'argent étant le nerf de la guerre...et des inventions, trouver des financiers ayant confiance en cette fameuse lampe électrique.

Maintenant, je vais essayer de me mettre modestement dans la peau de Thomas Edison.

Suite et fin sur cette seconde page...
http://aventuredubiomagnetisme.blog4ever.com/blog/lirarticle-41241-1175424.html
(plus rien ne veut s'enregistrer sur cette page...)



14/01/2009
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